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Comment gérer les avis de renouvellement de bail sans faire d’erreurs

  • 31 mars
  • 4 min de lecture

Chaque hiver, les propriétaires partout au Québec envoient les avis de renouvellement de bail. Sur papier, le processus semble simple : proposer le nouveau loyer, envoyer l’avis et attendre la réponse du locataire. En réalité, c’est souvent à ce moment que plusieurs propriétaires font de petites erreurs de procédure qui peuvent leur coûter une année complète d’ajustement de loyer.


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Comprendre les délais, les réponses possibles des locataires, les méthodes d’envoi et les règles de négociation permet d’éviter des problèmes et de garder le processus simple et efficace.


Étape 1: Envoyer l’avis de renouvellement au bon moment

Au Québec, une augmentation de loyer peut seulement être proposée au moment du renouvellement du bail. La loi prévoit des délais précis selon la durée du bail.


Baux de 12 mois ou plus L’avis doit être envoyé entre 3 et 6 mois avant la fin du bail.

Exemple : si le bail se termine le 30 juin, l’avis doit être envoyé entre le 1er janvier et le 31 mars.


Baux de moins de 12 mois

L’avis doit être envoyé entre 1 et 2 mois avant la fin du bail.

Baux sans date de fin (bail à durée indéterminée)

L’avis doit être envoyé entre 1 et 2 mois avant l’entrée en vigueur du changement proposé.

Location d’une chambre

L’avis doit être envoyé entre 10 et 20 jours avant la fin du bail, ou avant le changement proposé pour un bail à durée indéterminée.


L’avis doit clairement indiquer:

• le nouveau montant du loyer

• tout changement aux conditions du bail

• la durée du renouvellement


Une fois l’avis reçu, le locataire a un mois pour répondre.


Étape 2: Comment envoyer l’avis

La loi n’impose pas une seule méthode obligatoire, mais le principe le plus important est simple: vous devez être capable de prouver que le locataire a reçu l’avis.


Méthodes courantes:

Courrier recommandé. C’est une des méthodes les plus sécuritaires, car Postes Canada fournit une preuve de livraison.

Remise en main propre. Vous pouvez remettre l’avis directement au locataire et lui faire signer une copie confirmant la réception.

Courriel ou envoi électronique. La technologie peut être utilisée, mais seulement si le locataire reçoit clairement le document et que vous pouvez le prouver.


Par exemple :

• envoyer un PDF par courriel avec confirmation

• utiliser une plateforme de signature électronique

• obtenir une confirmation numérique de réception


L’élément clé reste la preuve. En cas de litige, vous devez pouvoir démontrer que le locataire a bien reçu l’avis et à quelle date. Plusieurs propriétaires utilisent encore le courrier recommandé comme sécurité, même lorsqu’ils envoient les documents électroniquement.


Les signatures électroniques sont-elles permises?

Oui. La loi au Québec reconnaît les documents et signatures électroniques.

Des plateformes comme DocuSign, Adobe Sign ou d’autres outils similaires peuvent être utilisées pour signer des ententes, des confirmations de réception ou des modifications au bail.


Deux règles pratiques restent importantes :

  1. Les deux parties doivent accepter clairement l’utilisation de documents électroniques.

  2. La plateforme doit permettre d’identifier la personne qui signe et de conserver une preuve de la signature.


Pour les renouvellements de bail, la signature électronique peut être très pratique, surtout lorsque les locataires voyagent ou ont des horaires variables. Elle simplifie le processus et garde une trace numérique.


Cela dit, le point le plus important demeure le même : la preuve de réception et une documentation claire.


Étape 3: Le locataire a un mois pour répondre

Après avoir reçu l’avis, le locataire dispose d’un mois pour répondre. Trois scénarios sont possibles.


1. Le locataire accepte l’augmentation

Le bail est renouvelé automatiquement avec le nouveau loyer et les nouvelles conditions.


2. Le locataire refuse l’augmentation mais veut rester

C’est la situation de négociation la plus fréquente. Le locataire souhaite renouveler le bail mais n’accepte pas l’ajustement de loyer.

Le propriétaire peut alors :

• négocier un nouveau montant avec le locataire

• déposer une demande au Tribunal administratif du logement (TAL) pour fixer le loyer


3. Le locataire refuse et décide de quitter

Le locataire informe le propriétaire qu’il ne renouvellera pas le bail et quittera à la fin du terme.


Que se passe-t-il si le locataire ne répond pas?

Le silence a une signification juridique. Si le locataire ne répond pas dans le délai d’un mois, la loi considère qu’il accepte automatiquement les changements proposés. Le bail est donc renouvelé avec le nouveau loyer. C’est pourquoi la preuve de réception de l’avis est essentielle.


La situation où les propriétaires font le plus d’erreurs

La situation la plus délicate est lorsque le locataire refuse l’augmentation mais souhaite rester dans le logement.


À partir du moment où le refus est reçu, le propriétaire a un mois pour agir.

Pendant ce délai, le propriétaire peut:

• négocier avec le locataire

• déposer une demande au Tribunal administratif du logement pour fixer le loyer


Voici le détail que plusieurs oublient:

Les négociations n’arrêtent pas le délai légal.

Si le propriétaire ne dépose pas une demande au TAL dans ce délai d’un mois, le bail est renouvelé au loyer actuel, et l’augmentation est perdue pour l’année.


Une approche pratique pour les négociations

Dans plusieurs cas, propriétaires et locataires réussissent à s’entendre sans passer par le Tribunal.


Quelques bonnes pratiques :

• expliquer clairement l’augmentation pour que le locataire comprenne les raisons

• rester professionnel et calme

• considérer la discussion comme une négociation raisonnable, pas un conflit

• confirmer toute entente par écrit pour garder une trace claire


Erreurs courantes à éviter

Plusieurs problèmes viennent de petites erreurs administratives :

• envoyer l’avis trop tard, ce qui peut annuler l’augmentation

• ne pas conserver de preuve de réception

• manquer le délai d’un mois après un refus

• négocier trop longtemps sans suivre les délais légaux


Conclusion: Comment gérer les avis de renouvellement de bail

Les renouvellements de bail font partie de la gestion normale d’un immeuble locatif au Québec. Lorsque les délais sont respectés et que la communication est claire, le processus reste généralement simple.


La clé est de rester organisé, documenter chaque étape et respecter les délais prévus par la loi. Bien gérés, les renouvellements de bail restent ce qu’ils devraient être: une étape normale de la gestion immobilière, et non un casse-tête juridique.


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